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Secrets d'harmonie

Et si on envoyait valser les « pardon » et les « désolé » ?

Et si on envoyait valser les « pardon » et les « désolé » ?

Depuis notre enfance, on nous apprend à dire « pardon » et « désolé ». Je suis la première à exiger que mes enfants s’excusent lorsqu’ils blessent quelqu’un, que ce soit physique ou psychologique et même si c’est rarement intentionnel. C’est vrai que l’excuse agit comme un pansement au cœur, au corps et à l’âme. Mais au fond, qu’est-ce que l’on envoie à l’autre quand on prononce un « pardon » ou un « désolé »?

Peut-on vraiment refuser ?

A bien y réfléchir, « pardon », c’est « pardonne-moi! » Et nous le ressentons plus comme un ordre que comme une vraie demande à laquelle nous sommes libres d’accéder ou non. Pourquoi? Et bien parce qu’une gentille personne est censée pardonner et que nous préférons agir en gentille personne, vis-à vis du regard d’autrui et du nôtre aussi… Et puis aimer, c’est pardonner… Alors on doit pardonner, c’est tout!

Ben voyons! J’y vois comme un retournement de situation. La personne qui a été blessée se verrait donc dans l’obligation de pardonner… Et si elle refuse, si elle hésite, et bien elle s’expose à passer pour « rancunière » ou « exigeante », ce qui rime souvent avec « chiante »… Nous avons tellement pris l’habitude de mettre un mouchoir sur nos états d’âme…

Ce que l’on oublie, c’est qu’à la base, on ne devrait pas dire « pardon » ni « pardonne-moi », mais plutôt « veux-tu bien me pardonner? » Ca change tout! En face d’une vraie question, tout est possible: le « oui », le « non », le « peut-être » et toutes les nuances… Mais qui a envie de s’exposer à un « non »?

Vous êtes désolé? Vraiment?

« Désolé » par ci, « désolé » par là… On l’entend tellement souvent que ça en perd tout son sens… C’est même devenu un automatisme chez beaucoup de personnes qui finissent par s’excuser d’exister… Mais en même temps, quand il s’agit de s’excuser d’avoir blessé quelqu’un, d’avoir trahi sa confiance, de l’avoir délaissé, est-ce que cette formule est vraiment appropriée? C’est si facile et cela engage si peu…

En fait c’est souvent une manière de dire « Bon, voilà, je me suis excusé, je suis désolé… ce n’était pas si grave… Maintenant, on peut parler d’autre chose? » Mais s’il y a eu blessure ou manquement ou encore abus de pouvoir ou de confiance, un « désolé » ne peut pas suffire…

Et puis au fond, dire « désolé », cela signifie : « comme je suis désolé, nous sommes quittes et il n’y a plus de problème… » Le problème en soi, c’est qu’on n’a pas le droit de décréter que les émotions de l’autre n’ont pas lieu d’être. Dans notre enfance, on nous a beaucoup dit : « C’est bon, c’est fini! » mais pourtant c’était à nous, même enfants, de dire si ça l’était vraiment pour nous…

Et l’empathie ?

Peu importe si ses griefs nous semblent disproportionnés, si cette personne s’est sentie agressée, c’est qu’il y a eu quelque chose… Il arrive souvent qu’on ne comprenne pas la version de l’autre parce qu’on ne se rend pas compte de ce que l’on a pu faire ou provoquer. Les maladresses sont si faciles et on nous apprend si peu à montrer à l’autre qu’il est important pour nous et à le traiter comme une personne spéciale… En fait, nous sommes toutes autant que nous sommes des personnes spéciales, mais nous n’osons pas l’admettre.

 

Quand quelqu’un se sent blessé par une attitude qui nous paraît normale, c’est juste que cette personne est différente de nous et qu’elle n’a pas les mêmes besoins ni les mêmes blessures que nous. Cela ne sert à rien de la juger ou de la discréditer. A l’inverse, cela peut être vraiment bénéfique de se mettre à sa place et d’essayer de lui offrir autre chose qu’un « pardon » ou un « désolé ».

Pour des relations saines

Qu’a-t-elle envie d’entendre? Qu’est-ce qui lui ferait du bien? Qu’est-ce qui lui permettrait de repartir sur des bases saines? Parce que c’est ça qui est important. Si elle pardonne par obligation, la prochaine situation similaire ne fera que raviver ce qui n’a pas été digéré.

Et soit cela se terminera par une altercation, soit cette personne encaissera encore et encore en niant ce qu’elle a ressenti. Le risque majeur, c’est que ces incidents non digérés se logent dans le ventre, la tête, le dos… et occasionnent des douleurs puisque les maux de l’âme s’expriment toujours, même quand on pense les tenir à distance…

Tous pareils et tous différents
 
Il est urgent de vous demander ce qui est important pour vous, ce à quoi vous êtes sensible et ce qui vous fait vous sentir mal. Car vous aurez inévitablement à faire face à des situations qui vont raviver vos blessures. Nous sommes tous pareils car nous avons chacun notre lot de casseroles, d’émotions fortes à vivre, de déceptions à dépasser et d’épreuves à surmonter.

 

Mais nous sommes aussi tous différents car nous n’avons pas le même vécu, nous ne sommes pas sensibles aux mêmes choses et nous ne prenons pas tout de la même manière. Certains encaissent mieux que d’autres ou alors font genre tout va bien mais somatisent. D’autres prennent tout de plein fouet et vivent intensément leurs émotions. Certains les taisent, d’autres les expriment. Certains les conscientisent, d’autres les nient ou les méconnaissent… Il n’y a pas de jugement à avoir… Nous faisons tous du mieux que nous pouvons et c’est ainsi!

Les occasions de grandir
 
Des émotions intenses peuvent nous indiquer justement ce qui demande à être guéri, mais il n’y a pas non plus obligation. Ca viendra ou pas… Que l’on décide d’aller voir ce qui fait mal ou que l’on préfère accepter ses émotions et faire avec, dans les deux cas tout est ok. Dès que l’on assume sa position au lieu de se poser en victime, on n’a plus la sensation de faire des erreurs ou de vivre des échecs. Mais à la place, on prend conscience que ce sont en fait des occasions de grandir et on remercie…

 

Le piège est de saisir chaque expérience comme une opportunité de s’améliorer quitte à avaler des couleuvres et à souffrir en dedans. Nous ne sommes pas faits pour être des saints! Plus je me confronte à la vie et plus je me dis que pour les êtres humains que nous sommes, toute recherche de perfection est vaine et même malsaine. Nous sommes des êtres d’émotions! Et c’est tellement dangereux de les nier!

Cette fâmeuse meilleure version de soi-même!

A trop vouloir évoluer vers la meilleure version de soi-même, on peut oublier de s’aimer et de faire preuve de respect envers soi-même. Or nous avons le droit (et même le devoir) de ne pas accepter certains comportements et de dire où sont nos limites…. Nous affirmer avec nos valeurs, c’est aussi une façon de grandir et d’évoluer tout en faisant grandir et évoluer les autres.

Même quand nous sommes conscients que ce sont nos blessures personnelles qui nous jouent des tours, même quand nous sommes fermement déterminés à les guérir, nous devons avant toute chose les accepter et nous aimer tels que nous sommes. Car le premier pas avant la guérison, c’est justement l’acceptation… Et car sans amour il n’y a pas de guérison durable.

Ma proposition

A partir du moment où l’on connaît ses valeurs, ses besoins et ses limites, il est important de veiller à ce qu’ils soient respectés. Alors, la prochaine fois que vous vous sentirez blessés, accordez-vous le droit de faire valser les « pardon » et les « désolé ».

 

Et à la place de votre réponse habituelle, osez faire part de votre ressenti, assurez-vous que la personne a bien compris ce qui vous a heurté et voyez avec elle ce qui peut être fait pour rétablir une vraie relation de confiance. Seule cette démarche vous permettra vraiment de pardonner du fond de votre cœur, c’est-à dire sans crainte d’être à nouveau blessé. Car le plus important n’est pas de mettre fin au plus vite à une situation conflictuelle mais bel et bien d’en tirer une occasion de grandir.

 
Allez, on les envoie valser, ces « pardon » et ces « désolé »?
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